L’héritage invisible qui me raconte

L’héritage invisible qui me raconte

Colloque Franco-Belge ENSSYCOFA dans le cadre des échanges de pratiques européennes.

Mardi 12 octobre 2021

Avec monsieur Serge Tisseron et d’autres invités surprises
  • Qui suis-je vraiment ?

Voilà une question que toute personne se pose à un moment bien singulier de son existence. Souvent à une période où l’histoire personnelle se bouscule avec l’histoire familiale.

Suis-je le seul à décider de ma vie ; qui est acteur de ma construction du monde ?

Suis-je la personne que je suis avec le poids de mon héritage familial et des personnes que j’ai rencontrées ?

« Moi, je suis un enfant qui a vécu de très nombreuses années, placé en institution, en famille d’accueil. Ma famille a été « substituée » par les professionnels de l’enfance et de l’adolescence. Ces derniers ont pris le relais pour me protéger, me mettre en sécurité de mon histoire familiale, de ses croyances, ses valeurs, de ses secrets.

Moi aujourd’hui, je suis devenu adulte : qu’est-ce qu’on m’a transmis tout au long de ces années ? Est-ce que ma mémoire est fidèle à mon histoire ?

Comment comprendre qui je suis, comment donner un sens à ma vie ? Quel sens donner à ma vie ?

Moi aujourd’hui parent, comment puis-je me lire pour me raconter à mes enfants ? »

A son tour, cette nouvelle génération participe à la transmission d’une histoire personnelle, et de l’héritage familial. Comment déclencher le pouvoir d’agir pour se créer, se construire, en composant avec les traces du passé ? Comment les empreintes récoltées sur les chemins, vont influencer la mécanique de notre cerveau ?

Comment l’histoire personnelle est-elle retranscrite dans mon dossier, un livre de vie où s’expriment les maux en mots à travers les expériences, les rencontres, tout simplement le temps ?

Des réflexions essentielles, existentielles, qui vont rythmer cette journée d’échanges et de partage lors de cet événement à ENSSYCOFA.

Nous aurons le plaisir d’y accueillir Monsieur TISSERON, qui interviendra autour du sujet sensible du secret : « J’ai l’impression que dans ma famille, on me cache quelque chose ».

D’autres invités surprises vont nous offrir de prendre le temps, de se poser, de réfléchir et d’échanger sur ce sujet ; de l’héritage familial, la transmission, la répétition de génération en génération. Les histoires de vie qui nous construisent, nous définissent, nous façonnent, font que nous devenons l’être humain que nous sommes. 

Programme de la journée  

Luc FOUARGE
L’effiloché… Héritages, attachements et construction personnelle
Comment se faire aimer, quand s’entremêlent les fils de l’histoire avec ceux que l’on tente de tisser aujourd’hui. Fidélités, prudences, vertiges…et résonances
 
Jérôme DE BUCQUOIS 
Guérir nos blessures, c’est éviter à nos enfants et aux générations suivantes d’avoir à les porter
Jérôme de Bucquois aborde l’étymologie du mot « transmissions » pour ensuite en reprendre son utilisation dans les approches constructivistes, contextuelles, expérientielles, ainsi que dans la psychologie du développement et la psychogénéalogie. Il décrit et illustre enfin, plus en profondeur, la théorie des scripts familiaux de John Byng Hall.
 
Gauselm DEPASSE
La transmission : entre mécanique et cycles de vie 
Qu’est-ce que la mécanique peut nous apprendre sur la transmission; du moteur aux roues, en passant par l’embrayage, je vous lance une invitation sous forme métaphorique pour mieux saisir les mécaniques de la transmission en lien avec les cycles de vie de la famille.
Une vignette clinique nous permettra aussi de comprendre un processus thérapeutique avec un couple pour sortir d’une panne de la transmission. 
 
Thomas VALENTIN – Auteur
L’héritage invisible comme source d’inspiration
Auteur d’un récit qui s’apparente à un roman familial, je pose la question : quel est cet héritage invisible que nous transmettent nos aïeux ? J’ai voulu raconter l’histoire de moments forts de la vie de mes parents, grands-parents, pour transmettre ce témoignage à mes enfants, et pour éclaircir un personnage mystérieux à l’origine d’un scandale.
 
Catherine CARPENTIER
Le carnet de Laisse Ton Empreinte : récit d’expériences en protection de l’enfance 
Cette méthodologie originale de récit de vie permet à la personne de revisiter son histoire, de se la réapproprier, de la regarder autrement et ainsi de changer de regard sur soi. 
 
Serge TISSERON
Psychiatre, docteur en psychologie, auteur notamment de « Nos secrets de famille » (PUF Que sais-je ?) site : sergetisseron.com
J’ai l’impression que dans ma famille, on me cache quelque chose
Nombreux sont ceux qui ont eu un jour l’impression que leur famille leur cachait quelque chose. Les générations qui nous précèdent ont en effet vécu à la fois des situations traumatiques extrêmes, liées notamment à la guerre et à l’inceste, et des contraintes sociales sans comparaison avec celle qui existent aujourd’hui. Mais comment faire la différence entre quelque chose qui nous est caché parce que celui qui nous le cache a décidé de garder le silence comme ses parents ont fait avec lui, le comportement de quelqu’un qui ne veut pas parler, et celui de quelqu’un qui ne le peut pas parce que le traumatisme est encore trop présent en lui ? Poser des questions, bien sûr, mais à qui, comment, et quelles autres voies sont possibles ? Et comment faire avec nos propres enfants si nous n’avons pas de réponse ?
 

Horaires

 
9H/9h15: Mot d’accueil de Catherine ALFONSETTI, Directrice ENSSYCOFA
9H15/10H : Luc FOUARGE
L’effiloché… Héritages, attachements et construction personnelle
10h/10h45 : Jérôme DE BUCQUOIS
Guérir nos blessures, c’est éviter à nos enfants et aux générations suivantes d’avoir à les porter
10h45/11h : PAUSE
11h/12H : Gauselm DEPASSE
La transmission : entre mécanique et cycles de vie
12h/13h30: PAUSE DÉJEUNER
13h30/14h15: Thomas VALENTIN
L’héritage invisible comme source d’inspiration
14h15/14h45 : Catherine CARPENTIER
Le carnet de Laisse Ton Empreinte : récit d’expériences en protection de l’enfance 
14h45/15h : PAUSE
15h/15h45 : Serge TISSERON
J’ai l’impression que dans ma famille, on me cache quelque chose
15h45/16h30 : Table ronde avec tous les intervenants de la journée.
16h30/17h00 : Catherine ALFONSETTI
Entre récit de vie et réalité face à l’accès au dossier.
Bonne année créative…

Bonne année créative…

C’est avec plaisir que l’équipe ENSSYCOFA vous souhaite ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2021. Des vœux de bonne santé, de prospérité, de bonheur, de sérénité, de joie et aussi de créativité.
Que ces vœux vous accompagnent, et aussi auprès de vos familles, de votre entourage et de vos collègues.

Une nouvelle année qui commence avec des exigences de vie bien singulières en lien avec la situation sanitaire mondiale, qui dure depuis de nombreux mois.
Restons solidaires, présents plus que jamais auprès des uns et des autres malgré cette situation inédite de « garder » de la distance physique entre nous.
Une nouvelle organisation, pour un nouvel équilibre qui s’arrange pour le meilleur possible de vivre ensemble ; cela est essentiel !!

L’Institut ENSSYCOFA a passé l’année 2020 avec des changements nécessaires tout en gardant en tête la formation et comment celle-ci peut se dérouler en toute sécurité et avec une formation de qualité.

La créativité a été primordiale, l’adaptation des formateurs formidable et les accords des stagiaires en parfaite harmonie.
La systémique liée aux sciences humaines et à la communication est indispensable afin de maintenir la relation humaine et ses interactions.
La Visio conférence s’est invitée dans nos foyers avec beaucoup de réussite, une nouvelle façon d’être ensemble…
Nous sommes heureux d’avoir pu rebondir face à ces événements tout en maintenant la formation longue, à thème et à l’intra au sein des institutions.

L’onde de charme selon Monsieur Vincent CESPEDES, s’est éparpillée lors des formations des professionnels, des institutions et simplement pour nous les humains.

Prenez soin de vous,

Catherine Alfonsetti

Expériences de confinement et déconfinement

Expériences de confinement et déconfinement

Comment ne pas devenir la machine ?

« Le sens à être éducateur réside dans l’aptitude non pas à faire fonctionner des organisations dans leur devenir machine mais à œuvrer au quotidien à faire advenir le singulier sous l’universel. » [1]

« Le machinement est un néologisme qui vient signifier la façon dont un ensemble d’éléments constitutifs de l’environnement d’une personne ou d’une institution viennent déposséder celle-ci du sens à être » [2]

[1] Philippe Gaberan – Oser le verbe aimer en éducation spécialisée – ERES 2019, p 27

[2] Idem p 45

Comment conserver le lien humain en période de confinement ?

…. Le besoin de la machine se mesure par des évaluations, la mesure du rendement, la chasse aux pertes de temps. Le gain de productivité dans les secteurs de médico-sociaux prennent place dans des logiques gestionnaires mesurées par des logiciels. Aux besoins de l’humain, de demande d’aides et de soins se substituent les besoins de la machine. Dans ces zones de l’activité d’accompagnement et de soin, le « care » s’efface au profit du « cure » mesuré, calibré, pondéré.

Comment les familles ont-elles profité du confinement pour trouver leur propre mode de fonctionnement ?

Le temps des professionnels s’est ralenti, parfois arrêté. Celui des familles s’est déroulé sans nous, ou à distance régulée, mesurée et parfois même interdite. La distanciation sociale a-t-on dit. Il nous appartient de re-conjuguer ces temps. Familles et services ont « bidouillé, bricolé ». Des trouvailles furent heureuses. Il ne faudrait pas qu’en déconfinement les professionnels relèguent cette créativité dans un passé antérieur du seul fait qu’elle n’entre pas dans les référentiels de nos institutions.

Et voilà qu’au délaissement parental on aurait ajouté le délaissement par les travailleurs sociaux et thérapeutes et peut-être même par les reconductions des rencontres en équipe un délaissement des travailleurs sociaux.

Comment sont perçues les actions d'éducation par les jeunes confinés en institution ?

Durant les mois de confinement, dans les collectifs d’enfants, dans les hospitalisations, les professionnels ont évoqué un apaisement des jeunes confinés dans le service. Parallèlement les cadres décrivent un surcroit d’investissement des soignants, des éducateurs. Les jeunes, les personnes confinées en collectif ont perçu cette expression plus forte du « care » dans le travail des soignants. Une forme de compassion réciproque pourrait bien être la raison de cette manifestation du lien soignants/soignés, de ce surcroit d’humanité, fondations de soin.

Master Class du 08 octobre 2020

3 axes du soin en thérapie familiale systémique : Clinique-Ethique-Politique

Durant cette journée nous chercherons à comment résister, lors du déconfinement, à un retour en force du « machinement » auquel nous contribuons, sans doute, sans en prendre la mesure. D’autre part, la machine a engagé des experts en machine, qui a leur tour déconfinent. Des positions tellement différentes quand on s’attarde à la question du sens énoncée ci-dessus.

Nous évoquerons aussi ces familles protégées qui ont révélé des compétences durant le confinement et dont le succès interroge notre mission auprès d’elles. Ne s’en sortent-elles pas mieux sans nous ? En ce cas, comment les empêchions-nous d’exercer leur pouvoir d’agir ?

La démarche de consensus relative aux interventions de protection de l’enfance [1] ouvre des portes sur l’interinstitutionnalité et l’interdisciplinarité, le développement du pouvoir d’agir des familles. Plus de vingt recommandations concrètes, un bilan objectif et sévère.

[1] Démarche de consensus relative aux interventions de protection de l’enfance à domicile (Rapport IGAS)

Vos témoignages et vos questions

Vos témoignages du confinement / déconfinement

Cette journée fait partie de la formation longue en approche systémique et la thérapie familiale. Au cours de ce Master Class, nous questionnerons la place du thérapeute familial et du travailleur social dans ses missions.

Nous attendons vos témoignages et vos questions. Nous y répondrons pendant cette journée et nous publierons la synthèse des réponses dans les jours suivants.

Conférence : Les violences conjugales dans le Douaisis, vers une nouvelle dynamique d’accompagnement

Conférence : Les violences conjugales dans le Douaisis, vers une nouvelle dynamique d’accompagnement

Le 29 avril 2019

Centre Hospitalier – Douai – Nord

ENSSYCOFA participe à une journée de conférence sous le haut-patronage de Marlène SCHIAPPA, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les discriminations.

Inscription gratuite en ligne

www.billetweb.fr/journee-detude-les-violences-conjugales

pour plus de renseignements : 06.42.30.51.44

collectifmaestro@gmail.com

Téléchargez le programme

La journée Masterclass de L’Institut ENSSYCOFA est sous les projecteurs

La journée Masterclass de L’Institut ENSSYCOFA est sous les projecteurs

La compagnie des Bâtisseurs de Possibles est venue nous présenter son spectacle L’Effilochée :

« Dans un grenier, des fils de vie se croisent et s’entrecroisent, des relations se tissent, des objets s’en mêlent…  pour raconter l’histoire de Luna.

D’où elle vient, où elle va…  Luna, petite fille effilochée qui a bien du mal à grandir dans les tempêtes de la vie.  Un jour, une tempête plus forte que les autres l’emporte.  Luna atterrit dans un univers qui lui semble si différent…

Qui accueillera cette petite fille et son singulier bagage ? 

Luna, petite fille tourmentée va devoir trouver sa place dans ce monde qu’elle découvre ».

Ces histoires de vie, celles de Luna et de ses parents, qui les emmènent vers la séparation familiale, le placement de cette jeune enfant.

Une journée de rencontre, avec la participation des acteurs de la compagnie, des parents présents qui ont vécu le placement de leur enfant, des enfants, des travailleurs sociaux, des assistantes familiales, les étudiants et des formateurs d’ENSSYCOFA, qui regardent et écoutent attentivement l’histoire de Luna, qui résonne en eux.

Lors de cette journée, tous mettent en lumière ce qu’ils ressentent. Des émotions très différentes à partir de soi, de sa place…

Comment vivre cet événement si douloureux pour les familles qui ont besoin d’être accompagnées par les professionnels ?

Ces professionnels aux côtés de la famille, de leurs collègues qui ont cette mission de tisser d’autres fils, de nouveaux fils ou tout simplement de transformer les fils sombres de la famille avec de la couleur. « Faire Autrement Différemment » avec elle, à partir d’elle, afin d’aller vers le changement.

Une belle journée d’émotion, d’authenticité, d’échange qui a permis de mettre des mots sur cette situation si compliquée du placement.

Des familles en souffrance lors de cette période de vie, où on leur impose la présence de travailleurs sociaux : mais comment les familles peuvent accepter, consentir à ce travail, lorsque les travailleurs sociaux sont au cœur de la séparation familiale dans cette tempête de la vie ?

Dans la salle, les résonances se multiplient chez chacun.  Elles autorisent, à vivre l’instant présent pour amener les parents, les enfants, les professionnels vers de la pensée et de la réflexion commune.