Si tu m’aides, ne m’aime pas ?

Si tu m’aides, ne m’aime pas ?

Le professionnel accompagne avec sa formation, ce qu’il a appris à faire, mais accompagne-t-il avec son cœur ?

Jusqu’où « Professionnaliser » une relation d’aide ?

Qu’en est-il de ce que nous engageons de soi, de l’autre côté de la relation ?

La posture de « la juste distance » à l’autre, celle qui nous permet une forme « d’empathie non engageante ».

Se protéger avant tout !!
Comment écouter nos émotions, nos différents sentiments, nos résonances ?
Comment viennent-ils interférer dans la relation ?
Comment la dimension de l’amour est-elle présente dans la relation d’aide en travail médico-social ?

Nous, les aidants, sommes-nous dotés de cette capacité à recevoir de l’amour de la part des personnes que nous accompagnons ?

Que fait-on de tout ce qui se passe en dehors du cadre défini, de tout ce qui échappe à la maîtrise, au contrôle ?

Aimer l’Autre pour l’entendre, pour le comprendre, pour le guider, serait-ce un préalable à la relation d’aide ?

Intervention de Vincent Cespedes (extraits)

Les photos du colloque

Le mot d'accueil de Catherine Alfonsetti

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis heureuse de vous accueillir pour ce colloque « Si tu m’aides, ne m’aimes pas ? », qui est une première pour Enssycofa.

Une première, dans le sens où nous avons l’honneur d’avoir la présence des formateurs d’Enssycofa pour cet évènement.

Messieurs Jérôme De Bucquois, Gauselm Depasse, Luc Fouarge, et Wilfrid Magnier.

Madame Julie Bodelot, qui malheureusement est retenue ailleurs, toutefois, toutes ses pensées sont avec nous pour cette belle journée.

Une équipe, des formateurs avec de grandes compétences, des savoirêtre, et des savoir-faire qui sont fort appréciés par moi-même et aussi par les stagiaires, des différentes formations.

Avec beaucoup d’enthousiasme et de désir, nous souhaitons proposer des formations de qualité, des colloques créatifs, qui permettent la réflexion, et les échanges, sur des sujets qui nous animent tous.

Je souhaite également remercier mes amis qui se reconnaîtrons, j’en suis sûre, pour leur soutien, leur implication et leur patience incontestable à mon égard. 

Un grand merci à vous dans le public, de l’intérêt que vous portez à L’Institut Enssycofa, et je vous assure que toute l’équipe et les orateurs s’investissent fortement, pour que cette journée soit la plus intéressante, afin d’être une réussite. 

L’enjeu était risqué d’organiser ce colloque un mercredi, le jour des enfants.

Mais vous êtes là, et nous vous remercions pour votre présence.

Alors parlons d’amour maintenant…

Le sujet est né au dernier colloque du mois de mars : « Penser autrement le placement » …

Un colloque où des personnes accompagnées par des travailleurs sociaux, sont venues témoignées de la pertinence de faire autrement, différemment entre les aidants et les aidés …

De penser à partir de soi, de l’être humain avant de se vêtir du costume de l’être professionnel…

Une posture de l’écoute de soi-même, pour avoir la possibilité d’accompagner et de recevoir avec son cœur, ses émotions et ses résonances.

Comment offrir cette façon d’être, en étant dans la juste proximité, entre les personnes accompagnées et les professionnels, dans la relation d’aide en travail médico-social ?

Un vaste sujet, qui encore aujourd’hui, reste épineux dans le quotidien des professionnels, mais aussi lors de la formation : « On se souvient toutes et tous de cette phrase : « il faut garder ses distances avec les usagers !!! ». Cela peut nous paraître ancien et dépassé, et Pourtant …

Distance et usager, deux mots qui ne reflètent en aucun cas mon activité professionnelle…

Présence et personnes que j’accompagne, la sémantique des mots me parait plus juste, plus respectueuse. 

La dimension d’aimer l’autre pour l’entendre, pour le comprendre, pour le guider, serait-elle pas un préalable, une nécessité ou bien au contraire une idée impensable, innommable, décalée ?

Je sais, comment je suis, je sais ce que je peux faire, et surtout ce que je ne sais pas faire…

Mais ne suis-je pas en danger ?

Qu’en est-il de ce que nous engageons de soi de l’autre côté de la relation ?

Il était une fois, un petit enfant qui vit, une vie malmenée, brutalisée tout en recevant le l’amour de ses parents. Une existence tourmentée et tellement fidèle aux valeurs de la famille.

Ce jeune enfant devenu grand, devenu adulte, est un être impulsif, violent en quête d’affection de l’autre, et comment rencontrer cet autre, qui accepterait cette façon d’être, cette façon de vivre rythmée de violences …

Une personne à la recherche d’attention, d’amour, qui celle-ci a vécu la même situation de violences familiales, cherche un sauveur pour la sortir de cette existence empreinte de souffrance.

Et ils se sont rencontrés, aimés … Leur histoire est amoureuse, aimante, ces deux êtres sont à la recherche de l’amour et d’une vie meilleure …

De cet amour est né cinq beaux enfants, qui sont adorés de leurs parents.

Les histoires de vie du couple marquées de traumatismes qui rendent très vite leur nouvelle vie, sous le signe de la violence.

La séparation de la famille, par l’intermédiaire de l’incarcération de Monsieur, des placements des enfants, et d’une femme, d’une maman à la recherche d’espoir, pour retrouver sa famille.

Une famille sous le sceau du secret familial, où les travailleurs sociaux peinent à entrer en relation avec cette famille. Des travailleurs sociaux qui n’ont aucune place dans les différents accompagnements proposés. Des travailleurs sociaux, qui ont peur de cette violence familiale, qui créent des situations inacceptables.

Et arriva cet accompagnement de la dernière chance…

Un accompagnement qui se devait être différent pour penser à un changement de comportement, de posture des membres de cette famille.

L’authenticité, l’humilité, l’apprivoisement, la reconnaissance, et tant d’autres mots ont rythmé l’accompagnement de la famille avec sa temporalité.

Une expérience périlleuse, pour les professionnels et aussi pour la famille, qui n’ont aucune confiance aux travailleurs sociaux.

Ces éducatrices, référentes de la situation familiale s’aventurent à considérer cette violence comme des rituels de vie, les constructions du monde de ces êtres.

Tenter de composer avec l’existant, que de le nier et/ou de le juger. Proposer cet accompagnement en tentant de comprendre le comment de cette situation familiale, qui amènera vers le, comment faire autrement en mettant des mots sur l’histoire de chacun et de la famille.

Cette posture a pris beaucoup de temps, et d’investissement de tous. La rencontre s’est faite, le lien s’est timidement installé, la pertinence de la relation est devenue une évidence pour les parents et les enfants.

L’attachement aux uns et aux autres s’est réalisé, avec beaucoup de pudeur. Des sentiments aux uns et aux autres se sont verbalisés… L’accompagnement a pris un tournant tant pour la famille et pour les professionnelles.

Laisser ouvert le champ des possibles dans la relation, s’autoriser à être soi-même pour avoir un autre regard de la situation.

Voilà ce qui s’est passé dans cette relation, où chacun s’est mis au travail à partir de l’ici et maintenant.

Un accompagnement qui a pris fin trois années après le démarrage de celui-ci.

Une famille plus sereine, qui a cheminé sur son histoire pour appréhender la vie de façon différente.

Mais la violence prendra le dessus.

Cet enfant, cet homme, ce mari, devenu père sera « regagné » par le besoin d’être fidèle à son blason familial, celui que : « pour s’en sortir dans la vie, il ne faut pas se laisser faire, on ne se laisse pas emmerder par les autres… ».

Monsieur sera victime d’une dispute conflictuelle avec les voisins, une bagarre qui se termine très mal, teintée de violence.

Hospitalisé, le pronostic vital de Monsieur est engagé.

Madame préviendra notre service dès le lendemain, de la situation dramatique.

Le drame familial …

Nous vivons ensemble cette terrible douleur.  Nous, les professionnels nous devons faire face à la souffrance de la famille et aussi de la nôtre …

Nous proposons notre présence, notre soutien et notre aide auprès de madame et des enfants.

Pour cela, nous accompagnons Madame au quotidien, à l’hôpital, dans les démarches …

Très affectée, la situation est difficilement acceptable et douloureuse me concernant …

Dans cet accompagnement singulier, au sein de l’intimité de la famille, mon collègue qui est mon chef de service, avec beaucoup de bienveillance, me soutient et s’efforcera à me faire comprendre que je suis trop engagée émotionnellement : « Ce n’est pas ta famille, fais attention à toi … ».

Je dédie cette journée à Monsieur, Madame F et les enfants.

Les intervenants

Luc FOUARGE

Formateur à l’Institut ENSSYCOFA.

Ancien directeur du Centre d’Observation et Guidance de jeunes majeurs – Belgique).  Superviseur d’équipe et intervenant pour Guidance Familiale (guidancefamiliale.com).

Wilfrid MAGNIER

Formateur à l’Institut ENSSYCOFA.

Psychologue clinicien (D.E.S.S de psychologie clinique et pathologique – Université de Lille 3) – Psychanalyste. DU de psychothérapie systémique familiale (Lille 3). Formateur-Superviseur d’équipes.

Vincent CESPEDES

Philosophe, essayiste et compositeur.

Jérôme DE BUCQUOIS

Formateur à l’Institut ENSSYCOFA.

Psychologue clinicien, psychothérapeute familial (IEFSH). Membre de l’ABIPFS (Association belge pour l’Intervention et la Psychothérapie Familiale Systémique) et de l’ EFTA (European Family Therapy Association), superviseur, formateur. Chargé de cours Université Lille 3.

Gauselm DEPASSE

Formateur à l’Institut ENSSYCOFA.

Psychologue clinicien et psychothérapeute familial. Une expérience en psychiatrie adulte et adolescentaire.

Geneviève PLATTEAU

Thérapeute familiale, analytique individuelle et thérapeute du développement pour enfants.

Jessy CORMONT

Sociologue à P.H.A.R.E. pour l’Egalité (organisme d’intervention sociologique, d’action-recherche, de formation et d’éducation populaire).  Formateur dans le secteur du travail social et médico-social et de l’animation. Auteur de “Pour une politique publique d’égalité“.

Penser autrement le placement d’enfants et d’adolescents en institution

Penser autrement le placement d’enfants et d’adolescents en institution

Colloque le 7 mars 2019 à Lille (Halle aux sucres)

Croisement des regards et réalités des adolescents, familles,  travailleurs médico-psycho-sociaux,  magistrats, médecins.

Cette journée se construit autour des besoins  spécifiques des personnes et services qui œuvrent dans les champs de la Protection de l’Enfance et dans le secteur psycho-médico-social. Les « jeunes en situations complexes » ont besoin de réponses construites dans les champs de la santé mentale, du handicap et du social. Rencontres qui forcent le croisement des regards des intervenants de ces différents champs. Ces mêmes intervenants ont eux aussi besoin de ces coopérations.

L’approche systémique s’efforce de déconstruire cette idée qu’il y aurait d’un côté  des patients, des personnes accompagnées et de l’autre des professionnels munis de référentiels. Comment « contenir » aux mieux  le placement des enfants et adolescents en institution ? Comment accueillir et mieux accompagner le placement pour qu’il n’engendre pas davantage de malaises ? Ce colloque n’a pas pour prétention de résoudre les  problématiques d’un nouveau placement, mais d’y apporter un nouveau regard.

EN PRÉSENCE DE  :

Monsieur BONNAVENTURE – Docteur Xavier POMMEREAU – Jacques PLUYMAEKERS – Luc FOUARGE – Leila ZAOUI – et avec les familles…

Hommage à Henri Drumez

Pendant le colloque…

Les interventions de Luc Fouarge et Jacques Pluymackers

Encore quelques photos…

Les interventions de Monsieur Bonnaventure et du Docteur Pommereau

Comment l’approche systémique améliore la relation d’aide en période de crise ?

Comment l’approche systémique améliore la relation d’aide en période de crise ?

En institution : dans la relation équipe pluridisciplinaire <—–> équipe dirigeante

Pour le thérapeute dans sa pratique professionnelle

30 Novembre 2017 – Lille

Les équipes pluridisciplinaires en institution sont souvent confrontées à l’augmentation des suivis de dossiers, au manque de personnel, aux restrictions budgétaires qui amènent souvent la diminution des échanges et des supervisions.

Paradoxalement, on leur demande de veiller et de se “former à la bien-traitance“ dans les relations avec les usagers, ce qu’il faut réaliser bien sûr. Ne faudrait-il pas tout autant s’interroger sur le “mieux-être“ des équipes et de leurs membres dans la mesure même où le seul outil de nos interventions psycho-sociales c’est nous-même, intervenant ou thérapeute. Il est en effet très difficile de penser le “mieux être“ de l’usager si l’on ne veille pas au mieux être des intervenants ou des thérapeutes, très souvent confrontés à des situations complexes qui réveillent chez eux des émotions parfois envahissantes. Celles-ci que Mony Elkaïm nommera “résonances“ surgissent toujours à l’intersection des systèmes en présence: système institutionnel, système familial client et vécu personnel de l’intervenant.

Si ces résonances sont travaillées, elles peuvent être une vraie ressource dans les interventions. Elles mettent en valeur les richesses et les compétences des uns et des autres, évitant par la même qu’elles ne contribuent à l’insu de l’intervenant à maintenir les symptômes. Ce positionnement ressort souvent des exigences managériales des responsables d’institutions qui, de plus en plus, sont tenus de mettre en priorité, l’aspect financier. Les responsables d’établissements peuvent  souligner à juste titre que les ressources financières dont elles disposent, ne leur permettent pas d’équilibrer l’offre des services avec les demandes exprimées par les équipes pluridisciplinaires.

Toutefois ces réalités ne peuvent être une justification clôturant le débat. Il s’agit en priorité de donner à nos résonances l‘importance qu’elles ont pour de meilleures relations quelque soient les réalités organisationnelles. L’intervenant comme le thérapeute aura intérêt à veiller à son “confort“ pour s’utiliser , pour percevoir son vécu comme un atout ouvrant au travail sur ses résonances.

Mettre ses émotions au service de la relation qui se crée avec les patients ou avec les personnes accompagnées, n’est pas toujours chose facile car nous sommes trop préoccupés de développer des stratégies préparées et encore trop souvent convaincus qu’il faut trouver une solution, voire l’imposer si nous sommes dans le champ institutionnel !

C’est dans cette esprit que l’approche systémique peut ouvrir des  possibilités permettant de dépasser les renvois stériles de responsabilité et/ou  de culpabilité, et ainsi favoriser  des engagements novateurs et créatifs.

Alors comment d’un point de vue systémique, l’institution dans sa globalité (équipe, responsable d’établissement), peut-elle dépasser le conflit de responsabilité, pour travailler sur des projets novateurs ?

Quelles sont les pratiques à  encourager et à développer ?

Du Désamour à la Résilience : Ouvrir le champ des possibles

Du Désamour à la Résilience : Ouvrir le champ des possibles

Dans les institutions, les familles et les couples

22 Novembre 2016

Les enfants comme les adolescents, retirés de leur milieu familial, se retrouvent le plus souvent dans une institution, pris en charge par une équipe médico-psycho-éducative, ou par une famille d’accueil. Pour ces professionnels du secteur médico- psycho-éducatif , thérapeutique, ces assistantes familiales, la dimension relationnelle de leur travail favorisera, et ce n’est que normal, un investissement affectif de l’enfant ou de l’adolescent accueilli. Engagés auprès de l’enfant, ces professionnels  se proposent de leur donner le meilleur, mais souvent dans la réalité du quotidien, et surtout dans le temps, le “désamour“ s’installe et s’amplifie.  L’enfant accueilli est alors pris dans la tourmente de  “la séparation“, “des séparations“, pudiquement appelées “réorientations“.

Cette période du désamour peut-elle être évitée ou mieux gérée pour en limiter les effets destructeurs ?

Une résilience est-elle possible dans de tels contextes ?

En effet, les réviviscences abandonniques engagent le désamour de l’autre qui se tisse au désamour ressenti : Ils me laissent, je ne les considère plus, et ne me considère plus digne d’être aimé. Que ce soit par l’intermédiaire d’une équipe pluridisciplinaire institutionnelle ou dans le champ du contexte familial traditionnel, il est crucial que se crée pour l’enfant, l’adolescent, un contexte sécurisant et valorisant de telle façon qu’il engendre suffisamment de confiance en lui pour éviter le désamour de lui même.

L’expérience montre qu’une relation caractérisée par le désamour implique une forme de désintérêt de soi, l’art de se défigurer, une illusion négative de ce qu’est le monde. “Pourtant, rien n’est écrit d’avance, rien n’est définitif dans ce qui fait lien“.

« l’humain ne peut vivre et se développer que si un autre met son empreinte sur lui »

Boris Cyrulnik

Qu’en est-il également du désamour et de résilience dans la relation des couples et des familles ?

Comment les professionnels de la relation d’aide que ce soit dans la prise en charge institutionnelle ou dans un cadre thérapeutique peuvent-ils maîtriser les effets du désamour et activer les possibilités de résilience ? Comment associer, cette dimension : “du désamour à la résilience“, dans ces différents accompagnements, pour qu’il puisse y avoir des perspectives de résilience, permettant d’ouvrir la aussi des champs du possible ? Alors, les questions cruciales sur les enjeux relationnelles du désamour et de la résilience peuvent se formuler : L’enfant, l’adolescent pris dans la tourmente de la séparation, des séparations, pourra t-il éviter le désamour de soi dans ce qu’il y a de plus destructeur et trouver un contexte de résilience ? Face à un contexte de désamour, la résilience dépendra de la réponse que pourra se co-construire l’enfant ou l’adolescent avec l’environnement ouvrant plus ou moins le champ des possibles. Rien n’est-il écrit d’avance ? Rien n’est-il définitif ? Mais… Est-il possible de se séparer de cet autre que l’on a (trop) aimé ? Si oui à quel prix ? Comment s’y prendre sans s’effondrer et ne trouver de solution que dans le conflit, la lutte infernale, le combat sans fin ? Les enfants et les adolescents se retrouvent parfois témoins ou acteurs de la séparation des parents. Se ranger d’un côté, choisir son camp, c’est trahir un des deux parents. Ce double mouvement, a-t-il comme prix le désamour de soi pour l’enfant ou l’adolescent ? Un couple quand il se sépare peut engendrer des modes pervers d’utilisation du langage et peuvent être utilisés afin d’aveugler, rendre confus , voire stigmatiser aux yeux des autres , son ou sa partenaire. Comment les enfants témoins de ce drame conjugal peuvent-ils en être affectés ? Quelle position pour l’intervenant ?

Jean Van HEMELRIJCK – La malséparation (1ère partie)

La malséparation (2ème partie)

Docteur Robert NEUBURGER – Paroles Perverses et Séparation

Leila ZAOUI
Le Désamour – De la Maltraitance à la Résilience (1ère partie)

Le Désamour – De la Maltraitance à la Résilience (2ème partie)

Professeur Philippe JEAMMET – Du Désamour à la Résilience, ouvrir les champs des possibles

Ados et mutation sociétale

Ados et mutation sociétale

Colloque le 26 avril 2016 Le lien familial, l’éducation spécialisée, l’accompagnement psychothérapeutique, sont aujourd’hui confrontés à une révolution qui, depuis quelques années, exerce une influence décisive sur l’ensemble de ces pratiques. Cette révolution relève de l’actuelle mutation sociétale indûment appelée « crise » par les politiques et les médias. Comme toutes les mutations, celle-ci se double d’un refaçonnement de l’économie psychique et relationnelle des enfants et adolescents que nous appelons « les mutants ». Les comportements des enfants et des adolescents d’aujourd’hui ne répondent plus à nos modèles éducatifs et psychothérapeutiques, qui se montrent de plus en plus insuffisants, voire contreproductifs. De fait, nous sommes tentés d’interpréter les moindres de leurs comportements en termes de déviances qu’il nous faudrait corriger, là où souvent il ne s’agit que de l’expression de la nouvelle normalité, sous-tendus par des valeurs nouvelles sur lesquelles nous pouvons très utilement nous appuyer dans notre action éducative et psychothérapeutique. L’expérience montre que dès que parents et éducateurs disposent des éléments de compréhension nécessaires, des problèmes éducatifs et relationnels d’apparence insolubles trouvent le plus souvent, et en peu de temps, des solutions favorables pour l’ensemble des protagonistes. L’enjeu, aujourd’hui, est celui d’une co-construction des valeurs nouvelles et des critères éthiques. Alors, posons-nous les vraies questions pour mieux vivre et travailler avec eux : Pourquoi les questions de l’autorité et de hiérarchie, face à cette nouvelle génération d’enfants et d’adolescents, provoquent-elles les plus grandes inquiétudes dans la prise en charge éducative, thérapeutique et parentale ? Pourquoi le rapport à la culpabilité des ados d’aujourd’hui est très différente de celle des adultes ? En quoi est-elle de moins en moins un processus organisateur dans leur rapports aux autres ? Pourquoi la notion d’interdit reste t-elle liée à l’idée de transgression ? pour eux aujourd’hui  » tout est possible par principe »… Pourquoi le rapport entre besoin et désir devant une exigence, une attente, les enfants et adolescents en mutation sont-ils dans le besoin immédiat ? En quoi deviennent-ils de plus en plus intolérants à la frustration? Pourquoi pour beaucoup d’adolescents en mutation, la sexualité est-elle devenue une source de jouissance directe désacralisée et défantasmée ? En quoi a-t-elle évoluer en un mode de consommation banale et précoce? En quoi le rapport à soi et à l’autre est-il vécu sur un mode de plus en plus désaffectivé ? Ce colloque vous aidera à la compréhension des enfants et adolescents en mutation afin de dédramatiser les situations de conflit et de renouer le contact et le dialogue avec eux.

1ère partie : Eduquer nos enfants dans le présent contexte de mutation sociétale

2ème partie : Eduquer nos enfants dans le présent contexte de mutation sociétale

Docteur Serge TISSERON – Les enfants au cœur de la révolution numérique

Laurent MUNOZ – 1ère partie : Adolescence, errance et santé mentale

Laurent MUNOZ – 2ème partie : Adolescence, errance et santé mentale

Professeur Philippe JEAMMET
Quand passe-t-on de l’évolution à la mutation? Ne pas confondre le fond et la forme

Adolescence et dépendance

Adolescence et dépendance

Entretien avec le Professeur Philippe JEAMMET Adolescence et dépendance – Repères pour les parents et les professionnels

L’adolescent a un cerveau ouvert à tous les possibles… et à tous les dangers.

La notion de L’Expérience est prônée par l’adolescent. Une légitimité à celle-ci pour devenir adulte et tendre vers une autonomie. Toutefois, on assiste aujourd’hui à des comportements de jeunes qui peuvent être interrogés par le parent, l’adulte, et/ou le professionnel.

La consommation de drogues (alcool, cannabis et autres produits), les formes de dépendances (écrans par exemple), ont tendance à se faire banaliser auprès d’une population de plus en plus jeune. La société actuelle est ressentie par ces jeunes comme une société de consommation caractérisée par l’intolérance aux frustrations. La consommation est une solution immédiate, une manière d’avoir le contrôle sur sa vie, d’appartenir à un groupe, une culture, de s’opposer ou d’affirmer son identité. Toutefois, nombre d’études mettent en évidence les conséquences de l’abus, que ce soit d’un point de vue physique, psychologique, intellectuel, social, familial…

L’adolescence est une étape à la fois indispensable et douloureuse.

De nouvelles générations d’enfants et d’adultes. Comment certains parents « Adolescentriques » d’une société du XXI ème siècle, peuvent-ils accompagner leurs adolescents, face à la consommation de substances psychoactives.