Comment l’approche systémique améliore la relation d’aide en période de crise ?

Comment l’approche systémique améliore la relation d’aide en période de crise ?

En institution : dans la relation équipe pluridisciplinaire <—–> équipe dirigeante

Pour le thérapeute dans sa pratique professionnelle

30 Novembre 2017 – Lille

Les équipes pluridisciplinaires en institution sont souvent confrontées à l’augmentation des suivis de dossiers, au manque de personnel, aux restrictions budgétaires qui amènent souvent la diminution des échanges et des supervisions.

Paradoxalement, on leur demande de veiller et de se “former à la bien-traitance“ dans les relations avec les usagers, ce qu’il faut réaliser bien sûr. Ne faudrait-il pas tout autant s’interroger sur le “mieux-être“ des équipes et de leurs membres dans la mesure même où le seul outil de nos interventions psycho-sociales c’est nous-même, intervenant ou thérapeute. Il est en effet très difficile de penser le “mieux être“ de l’usager si l’on ne veille pas au mieux être des intervenants ou des thérapeutes, très souvent confrontés à des situations complexes qui réveillent chez eux des émotions parfois envahissantes. Celles-ci que Mony Elkaïm nommera “résonances“ surgissent toujours à l’intersection des systèmes en présence: système institutionnel, système familial client et vécu personnel de l’intervenant.

Si ces résonances sont travaillées, elles peuvent être une vraie ressource dans les interventions. Elles mettent en valeur les richesses et les compétences des uns et des autres, évitant par la même qu’elles ne contribuent à l’insu de l’intervenant à maintenir les symptômes. Ce positionnement ressort souvent des exigences managériales des responsables d’institutions qui, de plus en plus, sont tenus de mettre en priorité, l’aspect financier. Les responsables d’établissements peuvent  souligner à juste titre que les ressources financières dont elles disposent, ne leur permettent pas d’équilibrer l’offre des services avec les demandes exprimées par les équipes pluridisciplinaires.

Toutefois ces réalités ne peuvent être une justification clôturant le débat. Il s’agit en priorité de donner à nos résonances l‘importance qu’elles ont pour de meilleures relations quelque soient les réalités organisationnelles. L’intervenant comme le thérapeute aura intérêt à veiller à son “confort“ pour s’utiliser , pour percevoir son vécu comme un atout ouvrant au travail sur ses résonances.

Mettre ses émotions au service de la relation qui se crée avec les patients ou avec les personnes accompagnées, n’est pas toujours chose facile car nous sommes trop préoccupés de développer des stratégies préparées et encore trop souvent convaincus qu’il faut trouver une solution, voire l’imposer si nous sommes dans le champ institutionnel !

C’est dans cette esprit que l’approche systémique peut ouvrir des  possibilités permettant de dépasser les renvois stériles de responsabilité et/ou  de culpabilité, et ainsi favoriser  des engagements novateurs et créatifs.

Alors comment d’un point de vue systémique, l’institution dans sa globalité (équipe, responsable d’établissement), peut-elle dépasser le conflit de responsabilité, pour travailler sur des projets novateurs ?

Quelles sont les pratiques à  encourager et à développer ?